Mieux se connaître pour vivre mieux. Au travail, en famille, en société, plus nous sommes conscients de nous-même, plus nous sommes aptes à faire des choix cohérents pour nous, à diriger notre vie dans le bon sens, à entretenir des relations satisfaisantes et à exprimer ce que nous sommes dans sa complexité. Apprendre à mieux se connaitre est un préalable à toute amélioration de notre vie. Mais mieux se connaître ne veut pas dire tout connaître de soi, alors qu’a-t-on besoin de connaître exactement ? Et comment s’y prend-on pour identifier ces informations sur nous-même ?

Mieux se connaître, un processus sans fin

Dans quel but cherchez-vous à mieux vous connaître ? Est-ce par plaisir de découvrir des choses sur vous-même ou par envie d’apporter un changement dans votre vie ?

Pour certains, prendre conscience de certaines de leurs caractéristiques est suffisant. Ils sont dans une logique d’apprentissage d’informations sur eux-mêmes. Et comme la complexité de l’être humain ne peut se décrire en quelques mots, ils sont ainsi pris dans un processus infini, comme une roue qui tourne sur elle-même. Ce qui peut être très agréable !

Pour d’autres, mieux se connaître est un moyen d’atteindre un objectif ou de résoudre une problématique à laquelle ils font face. La connaissance ainsi acquise permet d’agir autrement. Il est alors possible d’arrêter son introspection une fois l’objectif atteint pour se concentrer sur autre chose. Jusqu’au prochain objectif ou problème. Le processus est également cyclique, mais la roue avance.

Dans cet article, je voudrais partager avec vous les différents niveaux de connaissance de soi qui peuvent vous être utiles si vous souhaitez vous sentir mieux dans votre vie. Ces différents niveaux sont autant d’étapes à franchir pour faire face à une difficulté ou un défi :

  1. Prendre conscience de Vous dans vos différentes dimensions
  2. Découvrir vos aspirations et définir les changements à mener
  3. Oser agir malgré les obstacles
  4. Faire sa place
  5. Évoluer, au contact de l’instant Présent

mieux se connaitre comment faire

Mieux se connaître pour savoir qui on est

Mieux se connaître, pour moi, c’est d’abord mettre de la conscience sur ce qui fait de vous un être humain et un être humain vivant ! Il s’agit de poser un regard curieux et bienveillant sur vos spécificités, sur ce qui vous motive, sur ce qui vous met en joie, ce qui vous remue, ce pour quoi vous êtes doué,… A ce niveau, on va parler de valeurs, de besoins, de capacités, d’émotions récurrentes, de sources de plaisir, de facteurs d’épanouissement,… En identifiant et en nommant ces différents éléments, vous obtiendrez deux effets bénéfiques :

  • En premier lieu, reconnaître et mettre en mot ces éléments constitutifs de votre être et représentatifs de vos comportements est une façon de mettre un peu de distance entre vous et vous. Cette légère distance sera précieuse pour l’étape d’après, quand vous déciderez de ce que vous aimeriez changer. C’est aussi un moyen de vous regarder comme vous regardez un bon ami, quelqu’un pour qui vous éprouvez de la compassion et à qui vous donnez de l’écoute, de la tendresse, de l’amour. Faire ça pour vous-même est d’ailleurs la chose la plus puissante que vous pouvez réaliser pour construire un monde meilleur !
  • Ensuite, mieux vous connaître à travers l’identification de ces aspects de vous est la meilleure façon de pouvoir communiquer dessus. Vous devenez ainsi plus apte à exprimer ce qui se passe pour vous dans une situation et à émettre une demande claire à ce sujet. Et en allant plus loin encore, je dirais qu’explorer votre intériorité avec ses qualités, ses défauts, les défauts de ses qualités et les qualités de ses défauts, est un formidable levier d’acceptation de l’autre qui mène à une plus grande finesse relationnelle.

Développer ce niveau de connaissance de soi est donc une première base intéressante. Mais pour être honnête, je la trouve plutôt futile quand elle n’est pas assortie d’un travail de lucidité à propos de la façon très personnelle que l’on a, chacun et chacune, de percevoir et d’interpréter le monde. Avez-vous déjà expérimenté ce moment où vous découvrez une autre facette de la réalité sur un sujet, facette dont vous n’aviez même pas soupçonné l’existence jusque-là ? Travailler sur ses modes de perception et d’interprétation des choses revient à découvrir les autres facettes de chacune de nos pensées, à redéfinir le sens que nous donnons aux événements. Voilà un sacré levier de mieux-être ! Attention, l’idée n’est pas de devenir une girouette qui ne sait plus quoi penser, mais plutôt d’apprendre à assouplir sa façon de considérer le monde pour l’ajuster quand cela devient nécessaire. Apprendre à voir les limites de nos perceptions et de nos interprétations nous donne le pouvoir de les modifier quand elles nous gênent. Ainsi, mieux connaître la façon dont nous avons construit notre modèle de pensée et dont nous continuons à le construire est un moyen de retrouver notre liberté de penser et donc notre liberté d’agir et d’être !

Mieux se connaître pour savoir où on va

Mieux se connaître pour tenter de définir - ne serait-ce que partiellement - qui on est, peut s’apparenter à l’action du navigateur qui apprendrait à connaître son bateau. Mais un navigateur qui piloterait un bateau sans repère finirait certainement par errer en pleine mer avec le sentiment angoissant de s’être perdu à jamais ! De la même façon, les êtres humains que nous sommes ont plus de facilité à naviguer dans les eaux incertaines de la vie lorsqu’ils disposent de quelques repères.

Ainsi - si l’on ne cherche pas à s’y accrocher à tout prix - quelques buts de vie, quelques objectifs précis, un code de conduite peuvent apporter une certaine sérénité pour traverser la vie. J’entends souvent mes clients émettre le souhait de définir un cap vers lequel orienter leurs actions, c’est la même idée. Mieux se connaître, c’est aussi mieux capter les éléments importants pour nous, que nous allons pouvoir disposer sur notre route comme autant de repères.

Grâce à ces points de références, nous gagnons du pouvoir sur deux aspects de notre vie :

  • Nos réactions : nous pouvons dès lors prendre des décisions cohérentes pour nous, choisir le chemin qui nous conviendra le mieux à un moment donné compte tenu de nous, des circonstances et des conséquences prévisibles. Si j’ai mis le cap sur une vie de respect, d’accueil et de co-construction, je vais peut-être réagir un peu différemment la prochaine fois que Machine me pose une question qui m’agace.
  • Nos « proactions » : en définissant ce vers quoi on voudrait se diriger, il nous est aussi plus facile de constater l’écart qui existe avec ce que l’on vit. De là à identifier les changements à court, moyen et long termes que l’on voudrait mener, il n’y a qu’un pas ! Mieux se connaître signifie alors poser des actions quotidiennes qui nous mènent vers ce que l’on veut pour soi, ce qui compte, et ce dont on a besoin. On parle alors pompeusement d’aligner ce que je fais avec ce que je suis.

Mieux se connaître pour oser agir

Vous connaissez peut-être ce dicton « Rien ne change tant que rien ne change ». Je l’aime beaucoup car il résume parfaitement mon point de vue sur le fait que tout ce travail préalable pour mieux vous connaître ne sera rien d’autre que du gargarisme s’il n’est pas assorti d’actions concrètes pour donner vie à cette connaissance, pour l’éprouver, la tester et la faire évoluer. Et c’est d’ailleurs là que les choses deviennent vraiment intéressantes !! Est-ce que l’image que je me suis construite de moi, toutes ces choses que j’ai identifiées, tiennent la route face à l’épreuve de l’action ?

C’est à ce moment-là que, après un travail de préparation et d’organisation pour mettre en œuvre ce qu’ils ont appris sur eux-mêmes, mes clients me disent « je ne comprends pas, je suis très motivé mais je bloque. » Eh oui, il faut parfois tout un détour pour en arriver au même point : « ça bloque ! »

mieux se connaitre difficile

A la différence près qu’à ce stade-là, on est prêt à considérer ces blocages différemment. On peut les voir comme une opportunité d’encore mieux se connaître et de grandir !! Et vous savez quoi ? C’est le meilleur moyen de les surmonter ! Si pour fuir ma peur d’échouer, je commence par chercher d’autres leviers pour me lancer dans un projet, il y a des chances que je commence à avancer vers ce que je veux vraiment pour moi. Mais si je reviens ensuite sur cette peur et que je vais à sa rencontre pour savoir ce qu’elle dit de moi, alors, je me donne une chance de capter son message et d’en faire une force. Mieux se connaître, c’est aussi ça : oser regarder ce qu’on a caché sous le tapis pour l’apprivoiser et le transformer à notre guise.

Bien sûr, cette opération suppose de pouvoir s’appuyer sur des fondations solides, d’où l’intérêt d’avoir commencé par nommer nos ressources internes qu’il s’agisse de nos qualités, de nos compétences ou de nos forces. Cela permet de les mobiliser plus aisément pour faire face à des obstacles.

Cela permet également de mieux les voir à l’œuvre dans nos comportements pour renforcer l’estime de nous-même, rehausser notre image de nous-même et augmenter la confiance que l’on place en nous. Tout ceci à condition d’agir un pas après l’autre, en direction de nos objectifs et en prenant le temps de nous retourner sur le chemin parcouru, les actions posées et les ressources mises à l’œuvre – créant ainsi une boucle de feedback pour encore mieux se connaître voire s’apprécier !

Mieux se connaître pour mieux vivre avec les autres

Je ne sais pas vous, mais de mon côté, il m’arrive souvent de rêver que les autres changent, modifient leurs comportements, leurs pensées, leur vision des choses…la vie serait tellement plus facile…ma vie du moins ! Alors je me surprends à tenter toute sorte de stratagèmes pour obtenir ce que je veux et… à me casser les dents parce que personne ne change sous la contrainte. Heureusement, avec le temps et l’entraînement, j’ai appris à repérer ces moments où je sors de la simplicité d’une relation saine et constructive pour la mener vers une relation utilitariste et déséquilibrée. Je suis alors en mesure de choisir si je veux rééquilibrer la relation vers une coopération… ou persister dans l’échec.

Bien que loin d’y parvenir à chaque fois, je trouve toujours plus gratifiant et agréable d’opter pour la première option. Et vous ?

Si vous êtes comme moi mais que vous avez du mal à faire le « bon » choix dans l’instant, je vous encourage à développer votre connaissance de vous-même sur 3 axes :

  • Dans un premier temps, il s’agit de mieux connaître, de mieux définir, ce que vous voulez être vis-à-vis des autres. Conscientiser les comportements que l’on aimerait adopter est une façon de se conditionner à l’avance aux prochaines interactions sociales pour mieux réagir dans l’instant. Cela suppose d’avoir également appris à débusquer ces moments où nous nous plaçons dans une posture inappropriée par rapport à l’autre, ce qui nécessite de bien se connaître ET d’avoir du courage !

mieux se connaitre impact autres

  • Ensuite, il devient vite évident que choisir un groupe de personnes avec lesquelles on partage certaines caractéristiques de personnalité, certains buts de vie facilite grandement les choses. Mieux se connaître entraîne ainsi l’envie de mieux connaître l’autre. On peut alors rejoindre des groupes de gens qui nous ressemblent, filtrer nos relations ou encore découvrir que ce malotru de Jean-Claude n’est pas aussi différent de nous que ce que l’on pouvait imaginer à première vue !
  • Enfin, choisir de maintenir la relation à son équilibre, c’est aussi accepter que l’autre nous aide à mieux nous connaître. Par ses réactions, qu’elles soient verbales ou non, il nous communique un message. Dans ce message, tout lui appartient et rien ne dit la vérité sur nous. Cependant, on peut utiliser ce message pour mieux comprendre ce que l’on donne à voir, ce que l’on induit comme réaction,… Observer les boucles d’interactions dans lesquelles on est pris est un formidable moyen de mieux se connaître et de mieux ajuster nos comportements pour vivre mieux nos relations.

Attention, tout ceci ne signifie pas qu’il faudrait renier ce que l’on est ou ce que l’on ressent, il s’agit plutôt de bien connaître nos réactions pour être en mesure, au besoin, d’adapter nos comportements favoris en fonction du contexte, dans l’objectif de se sentir bien le plus souvent possible. :)

Comment faire pour mieux se connaître ?

Mieux se connaître grâce aux tests

A travers les différentes formations qui sont offertes aux salariés et aux demandeurs d’emploi notamment, beaucoup ont eu l’occasion de mieux se connaître, souvent à travers le regard des autres, sur certains aspects de leur fonctionnement. Et si vous n’en avez jamais fait, je vous encourage à réaliser quelques-uns de ces tests pour élargir votre point de vue, mettre des mots sur certaines de vos spécificités et peut-être comprendre certaines situations que vous vivez. Les approches MBTI, Process Com ou Strong - qui proposent des tests de personnalité - sont souvent citées par mes clients comme intéressantes par exemple.

test_personnalité

L’inconvénient de ces tests, c’est qu’ils ont tendance à vous enfermer dans des représentations figées, construites par d’autres, et qui ne sont pas forcément aidantes pour résoudre des problèmes du quotidien. Je vous encourage donc à compléter la démarche par un travail plus introspectif. Et ce d’autant plus si vous avez tendance à toujours demander aux autres leur avis pour prendre vos décisions. Il serait dommage de vous laisser aussi définir par les autres, croyant qu’ils vous connaissent mieux que vous-même, vous risqueriez de vivre dans la peau d’une sorte de créature protéiforme dont le changement d’apparence serait incontrôlé.

Mieux se connaître grâce à l’introspection

Finalement, pour moi, le fait de mieux se connaître ne devrait pas correspondre à un objectif de résultat : « voilà, moi, je suis ça. » L’objectif qui me paraît intéressant et utile se situe plutôt dans la démarche qui consiste à savoir se regarder avec lucidité et bienveillance pour faire évoluer ce qui a besoin d’évoluer au grès des circonstances :

introspection processus

Ce n’est pas que « le chemin est plus important que l’arrivée », c’est que chaque étape du chemin est un point d’arrivée que l’on peut apprécier. Chaque tour de roue nous amène à apprendre de nouvelles choses sur nous et sur les autres, et nous permet de gagner un peu plus de clarté sur les moments où nous avons besoin de contrôler notre vie et les moments où nous avons besoin de laisser couler la vie à travers nous.

En adoptant une démarche d’introspection, on développe un regard qui nous est propre, qui va s’appuyer sur notre ressenti et notre vécu. Par le simple fait de choisir cette démarche, nous faisons un pas vers le fait d’être soi-même et d’agir en fonction de soi. C’est d’ailleurs parce que je crois profondément à cette démarche que j’ai conçu l’atelier de Connaissance de Soi, accessible en ligne sur notre site, pour mettre à disposition de tous un contenu qui a le pouvoir de générer des transformations dans le quotidien de celui qui se l’approprie. Si vous tentez l’expérience, vous verrez comme il est finalement assez rapide – et sympathique ! - de gagner en conscience de soi et de définir quelques repères pour diriger sa vie dans une direction qui nous va bien.

Mais quelle que soit la manière dont vous abordez le sujet, vous l’aurez compris, je ne peux que vous encourager à vous observer et à vous poser quelques questions pour apprendre à mieux vous connaître. Il me semble que c’est là une des meilleures choses que nous puissions faire pour nous-même et pour les autres ! Imaginez un avenir dans lequel vous vivez selon vos principes sans en devenir esclave, un avenir dans lequel vous savez comment trouver votre épanouissement indépendamment des changements externes et internes auxquels vous devez faire face, un avenir dans lequel vous veillez vous-même à votre propre bien être… est-ce que cela changerait quelque chose pour vous ?

Je vous laisse le soin d’apporter vos contributions au débat en commentaires et je reste évidemment disponible pour vous accompagner dans cette démarche si le cœur vous en dit.

Au plaisir de vous rencontrer,

Annabelle pour Cap Cohérence