Et si votre bonne résolution pour 2014 était de changer d’environnement professionnel ?

Après des mois de réflexion, d’interrogations, de mal être dans votre poste actuel, la conclusion s’impose : vous songez à quitter votre employeur. Reste à trouver la meilleure formule pour se séparer ! Une solution qui permette à votre employeur et à vous-même d’en trouver des avantages.

La rupture conventionnelle apparaît, à priori, comme étant la formule par excellence.

Avec toutefois des freins pour l’employeur, qui peuvent le conduire à hésiter voire à refuser de signer une rupture conventionnelle. Quels sont ces freins ? Comment les lever ?

Comment argumenter pour convaincre son employeur d'accepter une rupture conventionnelle ?

Comment négocier une rupture conventionnelle ?

La réponse en 3 points clés...

La rupture conventionnelle, rappelons-le, permet au salarié et à l’employeur de mettre fin d’un commun accord au contrat de travail, sans avoir à en justifier le motif. Chacune des parties y trouve son avantage : l’employeur est dispensé des obligations inhérentes au licenciement (motif, procédure, délais, préavis…), le salarié quant à lui trouve des avantages par rapport à une démission puisqu’il percevra des indemnités de rupture au moins équivalentes à l’indemnité de licenciement et, surtout, aura droit aux indemnités chômage.

L’initiative de la rupture conventionnelle peut être prise par l’employé ou par l’entreprise. C’est une sorte de divorce à l’amiable appliqué au monde professionnel. Mais lorsque la demande vient du salarié, elle se heurte souvent à des réticences de la part de l’employeur.

Voici comment contrer les principales réticences de votre employeur à conclure une rupture conventionnelle…

Comment convaincre votre employeur d'accepter une rupture conventionnelle ?


1. Étudiez le coût de la rupture conventionnelle vs le coût d'un employé malheureux

Pour que la rupture conventionnelle soit juridiquement valable, l’employeur doit vous verser une indemnité de rupture, non imposable, équivalente à l’indemnité légale de licenciement (au minimum 1/5 de mois par année d’ancienneté jusqu’à dix ans, et 2/15 de mois en plus au-delà). Ce coût est bien souvent un frein essentiel.

Il est donc essentiel de faire adhérer votre employeur aux avantages à se séparer. Listez, pour cela, les raisons pour lesquelles vous voulez partir : tous vos motifs d’insatisfaction, toutes vos raisons professionnelles ou personnelles et notez en quoi elles peuvent impacter les résultats du point de vue de l’entreprise.

Le contexte économique, s’il est difficile, peut constituer un bon argument : votre départ permettra à votre employeur de faire des économies sur la masse salariale !

Votre employeur peut refuser votre demande … et vous, vous pouvez la réitérer.

L’employeur n’a pas intérêt à vous obliger à rester car il sait qu’un collaborateur démotivé, sera moins efficace, génèrera une ambiance négative et risque de cumuler les arrêts maladie. A vous, donc, de faire comprendre à votre employeur qu’un accord permettra d’en sortir de façon constructive et qu’il en va de intérêt de l’entreprise. Mieux vaut donc, pour votre employeur, d’accepter ce type de rupture que d’en arriver peut-être un jour à devoir vous licencier et à devoir vous verser à ce moment-là les indemnités de licenciement.

Cependant, un coût supplémentaire incombe à votre employeur : en effet, selon la loi de financement de la Sécurité Sociale de 2013, les indemnités versées au salarié dans le cadre d’une rupture conventionnelle sont taxées d’un forfait social de 20 % à la charge de l’employeur (jusqu’à hauteur de 74 064 €).

La difficulté est de taille, mais il existe des solutions pour la contrer :

Par exemple, conclure un accord transactionnel qui, certes, répond à d’autres exigences, mais qui a l’avantage de ne pas être concerné par la taxe de 20 % à la charge de l’employeur. (Se référer à l'article "Signer un accord transactionnel après une rupture conventionnelle")

Négocier une rupture conventionnelle pour un résultat gagnant/gagnant !

2. Créez un climat de confiance, nécessaire pour négocier une rupture conventionnelle

La crainte de la « contagion » des demandes de ruptures conventionnelles au sein de l’entreprise fait partie des préoccupations du dirigeant, mais une bonne argumentation peut la balayer. Celle-ci devra essentiellement être basée sur l’assurance de votre discrétion au sein de l’entreprise. Ce point peut même être contractualisé.

3. Négociez le délai, facilitez la transition et soyez constructif

La procédure de rupture conventionnelle prévoit un délai minimum d’environ un mois. Cependant, elle n’impose pas de s’en tenir à ce minimum. A vous donc, de trouver un terrain d’entente avec votre employeur et lui donner l’assurance qu’il aura le temps d’organiser le recrutement de votre éventuel remplaçant. Pour mettre toutes les chances de votre côté, adoptez une attitude constructive et proposez de vous-même un plan de montée en compétence pour votre futur remplaçant, que vous pourriez piloter en tout ou partie. N'oubliez pas qu'une négociation réussie et donc gagnante/gagnante passe par une attitude donnant/donnant. Du coup, plus vous donnez, plus vous recevrez !

Chaque cas comporte une problématique particulière, quelque fois complexe. Nous venons d'aborder 3 leviers extrêmement efficaces lorsqu'il s'agit de négocier avec son employeur une rupture conventionnelle. Il en existe d'autres. Peaufinez votre argumentaire afin d'être certain de pouvoir convaincre votre employeur d'accepter une rupture conventionnelle.

Et vous, quels sont vos difficultés pour négocier une rupture conventionnelle ? Quels sont les arguments de votre employeur ?