Après des mois de réflexion, d’hésitations, votre décision est prise : vous allez négocier une rupture conventionnelle avec votre employeur.

Vous êtes soulagé d’avoir réussi à prendre cette décision, mais vous voilà assailli de questions. Comment vais-je m’y prendre pour négocier une rupture conventionnelle ? De quelle manière aborder la question avec mon employeur ? Est-il préférable de faire la demande par courrier ou de rencontrer l’employeur ? Quelle stratégie pour obtenir plus d’indemnités ?

Autant de questions qui méritent réflexion et préparation pour réussir au mieux à convaincre votre employeur de signer une rupture conventionnelle.

Le principe gagnant-gagnant

Le principe de base pour qu’un employeur accepte de signer une rupture conventionnelle est qu’il doit y trouver un intérêt, lui aussi. Il ne signera pas uniquement pour vous faire plaisir. Il convient donc de présenter la situation de manière à ce que la perspective de signer une rupture conventionnelle apparaisse comme étant « la » solution au problème que vous aurez posé. Ainsi, par exemple, un salarié au bord du burn out expliquera à son employeur qu’il est contraint de se mettre en arrêt maladie pour une durée encore indéterminée, mais qui probablement sera relativement longue. La reprise, après ce temps d’arrêt, devra se faire dans un environnement professionnel autre que celui qui aura provoqué le burn out, sous peine de « replonger » rapidement. La situation, ainsi exposée, ne présente que peu d’intérêt pour un employeur. Il a donc un intérêt à faire le choix d’une rupture conventionnelle.

Les arguments pour convaincre son employeur de signer une rupture conventionnelle

On l’aura compris, vos seules motivations à signer une rupture conventionnelle, ne suffiront pas pour convaincre votre employeur. Il n’est donc pas conseillé de construire son argumentaire sur la présentation d’un projet personnel. Si l’employeur comprend que vos motivations à partir tiennent à la création de votre propre activité ou tout autre projet déjà bien ficelé, il vous proposera … de démissionner !

Comment formuler la demande de rupture conventionnelle ?

Vaut-il mieux envoyer un courrier ou demander un entretien à votre employeur ?

Le courrier est bien souvent la solution que l’on préfère car elle semble plus simple et surtout évite un face-à-face souvent redouté. Les entretiens avec son hiérarchique ou la direction ne sont pas ceux où l’on se sent le plus à l’aise. Lorsque les motivations à partir tiennent du mal-être dans l’environnement professionnel, cet entretien sera d’autant plus redouté.

Pourtant, l’envoi d’un courrier comporte un risque important : celui que interlocuteur, à la lecture de votre demande, ne décide trop rapidement et ne comprenne pas son intérêt à signer la rupture conventionnelle.

Il est donc impératif que vous fassiez votre demande oralement, afin de développer votre argumentaire gagnant-gagnant.

Vous avez l’intention de négocier des indemnités supplémentaires ?

L’environnement professionnel a été, durant ces dernières semaines, ces derniers mois, très éprouvant : la pression permanente, les exigences du poste, l’ambiance, les relations avec votre supérieur hiérarchique vous ont mené à un mal être et à une fragilité proche de l’épuisement professionnel. Vous songez sérieusement à négocier des indemnités supplémentaires en réparation du préjudice subi ?

Attention : terrain glissant !

Rappelons que la rupture conventionnelle est avant tout un accord entre le salarié et l’employeur. Les négociations se mènent donc sur un ton d’écoute et de bonne entente. L’entretien aura le ton d’une discussion ouverte afin de fixer, de commun accord, toutes les modalités de départ.

L’évocation d’un sujet de discorde et d’un éventuel contentieux éveillera chez l’employeur une méfiance bien légitime, peu propice à une négociation de type gagnant-gagnant. L’entretien risque donc de ne plus se dérouler dans les meilleures conditions de négociation et de faire échouer peut-être la signature de la rupture conventionnelle.

Il semble donc préférable de traiter séparément vos demandes : dans un premier temps la négociation de la rupture conventionnelle et ensuite, lorsque celle-ci sera effective, la négociation de l’indemnisation du préjudice subi.

Comme dans toute négociation, tout est question de position de force.

Besoin d’aide dans votre démarche ? Parlons-en ensemble, contactez moi pour construire votre argumentaire !