Lorsque j’annonce à des personnes que je croise dans ma vie de tous les jours que je suis coach professionnel, leur réaction ressemble très souvent à : «justement, je connais quelqu'un qui aurait bien besoin de tes conseils!» Quelqu'un m'a même dit: «mon fils veut arrêter ses études, tu pourrais lui expliquer que ce n'est pas une bonne idée».

J'ai beau dire que les conseils et les explications ne font pas partie de mes prérogatives de coach, que ce n’est pas mon métier, mes interlocuteurs me regardent alors avec étonnement : si je ne donne pas de conseil, qu'est-ce que je fais? A quoi je sers? (sous-entendu : à rien!) En quoi consiste mon travail?


Mais alors, le coaching, c'est quoi?

La réponse en vidéo via la métaphore du moulin à vent, ou par écrit, juste en dessous !

Si vous préférez, voici la réponse en vidéo de Handers Hov, coach professionnel Norvégien, en anglais !


Le coach et son client : une relation de parité

L’objet du coaching est de permettre au client d'atteindre un objectif défini. Pour ce faire, le coaching, qu'il soit professionnel ou pas, est la rencontre de deux personnes compétentes, qui vont conjuguer leurs talents.
Le client, riche de son expérience, apporte son histoire. Ses succès, ses échecs, ses attentes, ses craintes, son entourage, ses aspirations et tous les événements qui constituent l’histoire de sa vie représentent en quelque sorte la matière première de la conversation de coaching.

Le coach, quant à lui, apporte sa méthode de travail, sa connaissance des divers processus qui conduiront son client à atteindre son objectif.

En reconnaissant les compétences de chacun, le coach fait à son client la proposition suivante : mettons en commun nos compétences et co-construisons cette relation, cette progression qui vous conduira vers la découverte de votre solution, vers l'atteinte de votre objectif.

Cette mise en commun des compétences de chacun ne sera réalisable et ne portera ses fruits que si le coach sait adopter la posture qui fait la spécificité de son métier.


La posture du coach : décentrée et influente

Etre décentré, pour le coach, signifie que la matière première de la conversation de coaching sera uniquement constituée des événements de l'histoire personnelle de son client. Le coach est décentré par rapport à sa propre histoire et à sa propre expérience, qui ne doivent en aucune façon s'exprimer dans le coaching.

Être influent, pour le coach, signifie qu'à l'aide d'un questionnement, il construit un échafaudage qui permettra à son client d'explorer sa propre vie avec un regard nouveau et bienveillant.
Les questions du coach amèneront son client à évaluer, à préciser, à apprécier et à relier entre eux certains des événements de sa vie. Il pourra observer son histoire sous un éclairage nouveau et mettra en lumière des compétences qu’il ne soupçonnait pas, qui le rendront capable de répondre lui-même à ses soucis et à ses difficultés. Grâce à ce nouvel éclairage qu’il portera sur lui-même et sur sa vie, il sera en mesure de se projeter dans un avenir cohérent et satisfaisant pour lui.

Le conseil en coaching : un contre-sens qui peut être lourd de conséquences

Lorsque quelqu'un me demande: «qu'est-ce que tu ferais à ma place? quel conseil tu me donnerais?» Il fait appel à mon expérience, à mon vécu, et me demande de transposer mon histoire sur la sienne. Si je réponds à sa demande en lui donnant un conseil, qui sera le résultat d'une interprétation de ma propre vie, pensez-vous qu’il le suivra?
Et pensez-vous que ce soit réellement ce qu'il attend?


Les penseurs l’ont dit avant moi

Lao Tseu dit que «l’expérience n’est une lumière qui n’éclaire que soi-même».
Pour Confucius, «l'expérience est une bougie qui n'éclaire que celui qui la porte».

Même si je n’ai pas leur sagesse, j’affirme que les conseils font du bien à ceux qui les donnent. Ceux qui les reçoivent… ne les suivent jamais, ou les mettent tôt ou tard en doute car ils ne viennent pas d’eux-mêmes.

Une question d'ego

Celui qui donne un conseil n’est pas dans une relation de parité avec celui qui le reçoit : il est celui qui sait, qui est compétent, qui a la solution. Il se place en position haute par rapport à son client, position qui est celle de l'expert. Cette position flatte son ego et favorise l'estime qu'il a de lui-même.

Comme un effet miroir, cette position d'expert maintient et souligne l'inexpérience, l'incompétence, l'ignorance et l'incapacité du client. Un vrai coach, digne de ce nom, n’a nul besoin de flatter son égo, et le cas échéant, il ne le fait surtout pas sur le dos de son client. Il a dans sa manche des professionnels (psy, thérapeute) auxquels il a recours en cas de besoin.


L’amplitude de l’imposture

Vous l’avez compris, l’attitude consistant à donner des conseils est aux antipodes de la posture de coach. J'irai même plus loin en incluant, dans ce qui pour moi est une imposture, les demandes que peuvent parfois formuler les coaches à leurs clients , comme réfléchir sur un point particulier, préparer la prochaine séance de coaching, ou encore rendre compte du résultat de leurs recherches ou de leurs réflexions.

Responsabiliser au lieu de culpabiliser

Le client n'est pas un élève, le coach n’est pas un formateur, le client n’a aucun compte à rendre à son coach au sujet de devoirs qu'il aura faits ou pas. La culpabilité qu’il pourrait ressentir de «ne pas avoir fait» ne fait pas partie de l'arsenal d'outils dont dispose le coach.
La culpabilité est une arme, l'utiliser en coaching est une faute grave !

Je termine chaque séance de coaching en posant à mon client la question suivante: «quel est le prochain petit pas que vous comptez faire?» le client formule alors une action qu'il pense être en mesure de faire. Ma volonté de le responsabiliser et de préserver son libre arbitre fera que je ne lui demanderai pas, au début de la séance suivante, s’il a effectivement fait ce petit pas. La décision de le faire lui appartient, tout comme la décision de m'en parler.

Conscient des impacts que provoquerait une telle confusion, le coach n’est jamais auto-proclamé : il s’appuie sur des compétences qui nécessitent un apprentissage.


Le coaching est un vrai métier

C’est l’art de poser des questions…

Le coach maîtrise la Maïeutique (ou l’Art d’Accoucher) chère à Socrate, c’est à dire l’art du questionnement destiné à faire exprimer un savoir «caché en soi».
Cet art du questionnement peut s’appuyer sur des disciplines telles que les Pratiques Narratives, la Systémique Dynamique, la PNL…


… intelligentes

Il a une vision structurée car distancée de certains événements de la vie, il a modélisé certains processus. Il connaît par exemple les étapes du deuil telles qu’elles sont décrites par Elisabeth Kubler Ross ; il connaît les étapes de la reconversion telles que décrites par Cap-Cohérence et les processus du changement…

Il dispose de nombreux outils favorisant la progression de la réflexion de son client et enrichit sa propre réflexion tout comme la pratique de son métier par des formations et des échanges réguliers.
Le coaching est un métier dynamique et évolutif.

Ca s’apprend

Le métier de coach ne s’improvise pas. Le fait d’avoir travaillé dans une grande entreprise et d’avoir vécu un burn-out, par exemple, ne fait pas de vous un coach pour autant. Au mieux, vous devenez expert du burn-out et vous savez de quoi vous parlez. Mais comme le coach n’est pas là pour parler de lui…

Le coach fait d’abord un travail sur lui-même et sur l’image (ou l’estime) qu’il a de lui-même, travail qui le rendra capable d’adopter cette posture décentrée et influente et d’accorder toute son attention à son client.

Les formations diverses et variées qui conduisent à la professionnalisation permettent au coach d’élaborer un questionnement évolutif. Si le client n’a pas conscience de l’évolution de sa pensée dans les réponses qu’il formule, le coach, lui, n’en perd pas une miette. On est donc très loin du bavardage et de la conversation-sympathique-autour-d’une-tasse-de-thé.

Vous avez à présent en main toutes les clés pour choisir un coach compétent, gage d’un partenariat fructueux.


Choisir son coach : une démarche sérieuse… et intuitive

Prenez le temps de choisir le coach…

Un coaching représente un investissement personnel et financier souvent importants et nécessite parfois un travail sur plusieurs mois.

Prenez garde aux vendeurs de rêve qui vous promettent de trouver la solution à votre problème en 1 minute, ainsi qu’à ceux qui vous garantissent que «la solution est de partir ailleurs» Oui, mais où??

Prenez le temps de choisir. Observez le comportement de votre interlocuteur, mesurez la place qu’il vous donne lors de vos échanges (et la place qu’il se donne!), c’est primordial.

N’hésitez pas à consulter les recommandations avisées de Cap Cohérence dans ce domaine.


… qui vous convient le mieux!

Et surtout, faites-vous confiance. Une fois assuré d’avoir le rôle principal dans la relation, écoutez votre feeling, il sera votre meilleur conseiller!

Bon coaching!