Vous souhaitez plus de bienveillance dans votre travail, au sein de votre équipe et plus généralement autour de vous ?

Lorsque vous êtes témoin d’un manque de respect entre deux collègues, vous vous sentez impuissant ? Quand votre manager est dur avec vous, vous ne savez pas comment lui répondre ? Vous trouverez dans cet article quelques clefs pour mieux faire face à ces situations.

Définition de la bienveillance

Mais tout d’abord, que signifie pour vous, en 2019, le terme « bienveillance » ? Que pensez-vous qu’il signifie pour les autres : votre famille, vos amis, vos collègues, nos aînés, nos jeunes ?

bienveillance definition Pour définir un mot, j’aime revenir à sa définition officielle, celle du dictionnaire. Dans le Larousse, on trouve « Disposition d'esprit inclinant à la compréhension, à l'indulgence envers autrui », et au CNRTL « Disposition particulièrement favorable à l'égard de quelqu'un » (ou par extension : à l’égard de l’humanité). La décomposition du mot « bien-veillance » peut vouloir dire « veiller au bien, vouloir le bien pour quelqu’un ».

Ce terme est particulièrement à la mode depuis quelques années, que ce soit dans les courants de développement personnel, d’accompagnement, et même peu à peu dans le cadre de la famille et des entreprises. Et comme tout terme à la mode, chacun l’emploi à sa guise, avec de nombreuses dérives !

En tant que coach, j’accompagne des clients qui cherchent à renforcer leur confiance en eux, l’affirmation de soi et donc leur bienveillance, envers eux-mêmes et envers les autres.

Je vous propose dans cet article des clefs pour développer la bienveillance autour de soi, en suivant une progression « logique » :

  1. incarner la bienveillance plutôt que la clamer
  2. prendre sa part de responsabilité
  3. être juste, sans tomber dans la complaisance
  4. se faire respecter
  5. développer la technique des petits pas
  6. utiliser d’autres outils pour se perfectionner

1. Clamer ou incarner la bienveillance ?

Vous êtes-vous déjà retrouvé dans une formation ou une soirée durant laquelle l’animateur répétait sans arrêt de se respecter mutuellement, de s’écouter et d’être bienveillant envers les autres ? Avez-vous noté cet absurde paradoxe du même animateur qui reprenait sauvagement la parole et nous disait quoi faire et quoi penser, en nous infantilisant ?

En revenant à la définition, la bienveillance est avant tout une « disposition », une tendance de quelqu’un à être ou agir d’une certaine manière. Certes nous possédons tous cette disposition en nous, mais elle se travaille, elle se pratique, elle se développe, seul ou accompagné. Il me semble difficile de demander à un enfant hyperactif de rester sage « tout le temps ». Selon moi, la bienveillance commence par soi, par se respecter soi-même, en connaissant ses propres besoins et les satisfaisant.

Concrètement, il est plus facile d’être dans les bonnes dispositions quand on commence par nourrir ses propres besoins. Personnellement, je me ressource seul. Donc je passe de nombreux moments seul, à me ressourcer, pour ensuite être pleinement disponible pour les autres. Je suis bien, heureux, calme et enjoué. Ça se voit et c’est contagieux ! Ainsi, je suis attentif aux besoins des autres, en toute bienveillance, puisque mes propres besoins sont nourris.

2. Le manque de bienveillance, c’est la faute des autres !

bienveillance autres Combien de fois ai-je entendu des personnes se plaindre que « les autres » n’agissaient pas bienveillance ! Qui souhaiterait travailler dans un cadre respectueux, au sein d’une équipe solidaire, mais sans faire beaucoup d’efforts pour cela ? Je ne peux pas changer les autres, mais en changeant mes comportements, je change ma relation aux autres.

Plus jeune, j’avais tendance à subir les situations, impuissant face à ce que je percevais comme de grandes injustices. Je bouillonnais de colère et je n’exprimais rien. Aujourd’hui, dès qu’on ne respecte plus mes valeurs, je l’exprime, de façon tranquille et affirmée. Je n’accuse pas la personne d’avoir une mauvaise intention à mon égard. Comment pourrait-elle savoir ce qui n’est pas acceptable pour moi et où sont mes limites, si je ne lui dis pas ? Je lui signifie juste ce qui me dérange et en quoi mes valeurs ne sont pas respectées.

Un jour, lors de ma formation de coaching, j’étais témoin d’un jeu psychologique entre mes collègues. Je n’étais que spectateur, mais je me sentais affecté par ce qui se jouait sous mes yeux. Avec bienveillance, je suis intervenu en m’exprimant ainsi : « Je souhaite intervenir, car même si je ne suis pas directement concerné, je suis témoin de cette scène qui ne me convient pas. Voilà ce je vois […] et voilà ce que je ressens […]. Je tenais à vous le dire, parce que c’est important pour moi. » Les deux acteurs m’ont remercié de mon intervention. La « victime » se sentait comprise et moins seule, et le « persécuteur » était désolé car son intention n’était absolument pas de nuire ; le jeu était inconscient.

3. Bienveillant mais pas complaisant.

Même une nouvelle difficile (interruption d’un projet, mauvaise augmentation, ou licenciement) peut être annoncée avec bienveillance : en respectant le salarié, en le considérant comme une personne et en l’accompagnant au mieux durant cette phase difficile. En se mettant à sa place, que souhaiterions-nous entendre ? Certainement pas de la langue de bois ou une preuve d’autorité par les galons, mais plutôt de l’humain et… du courage !

Là encore, au lieu d’attendre du courage de la part du manager, il s’agit d’abord être courageux soi-même, oser demander à son manager et à ses collègues de parler vrai, oser intervenir en réunion quand le ton n’est pas juste ou quand on a l’impression de tourner en rond. Il est plus facile d’attendre que quelqu’un d’autre de l’équipe intervienne, mais au fond, qui cela dérange ? Si c’est supportable, ok pour faire profil bas, mais ne nous plaignons pas ensuite.

En coaching, il suffit généralement d’une seule séance pour prendre conscience de ce qui se joue et comprendre en quoi nos valeurs ne sont pas respectées. En deux ou trois séances seulement, mes clients arrivent à s’affirmer, même dans un contexte difficile.

4. Comment faire preuve de bienveillance dans un monde cruel, sans me faire écraser ?

bienveillance communication Certes, un contexte positif peut aider à agir de façon bienveillante, mais quelle que soit la « cruauté » que l’on croit percevoir du monde, il est possible de contacter la part d’humanité de notre interlocuteur. Souvent, tout commence par l’écouter, chercher à le comprendre. Puis, plutôt que de vouloir le convaincre et amorcer une négociation de position (« j’ai raison, tu as tort, et tu vas plier ! ») il est très utile d’exprimer nos propres besoins, en quoi la situation de nous convient pas. Ensuite, et ensemble, on peut chercher une solution qui satisfait les besoins de chacun.

Ce mode de communication n’est pas inné, il s’apprend et surtout il se pratique. Avant de devenir un champion, un athlète s’entraîne. Il essaie, il échoue, il apprend, il progresse. Idem pour les relations humaines ! C’est en s’entraînant, en faisant de son mieux et en cherchant à progresser que l’on communique mieux avec autrui. On peut commencer dans un cadre facile et sécurisé, avec des personnes de confiance (famille ou amis) puis se perfectionner avec des inconnus et enfin se confronter à des relations qui jusque-là étaient conflictuelles.

5. Pour développer la bienveillance : la technique des petits pas

« Rome ne s’est pas faite en un jour ». Dans notre monde où tout s’accélère, la patience devient rare et précieuse. On veut tout, tout de suite et sans effort. Je me souviens en école primaire devoir chercher chaque nouveau mot dans le dictionnaire, tournant les pages de cet énorme livre, en récitant l’alphabet dans ma tête pour accélérer ma recherche. Aujourd’hui, j’allume l’écran de mon smartphone et Google fait le travail pour moi.

Changer peut prendre du temps, surtout quand il s’agit de revenir sur des habitudes bien ancrées depuis 30 ou 40 ans ! En France, pays élitiste, on a encore tendance à se focaliser sur le chemin qu’il reste à parcourir pour atteindre l’objectif plutôt que de se féliciter des progrès accomplis jusque-là. Alors qu’en Asie, on privilégie chaque petit pas sur le chemin du changement, bien plus que l’objectif final.

En complément de l’intention, l’état d’esprit, pour être bienveillant, l’Institut Européen pour le Développement des Relations Sociales (IEDRS) nous propose 6 astuces simples et concrètes pour cultiver la bienveillance au travail :

  • être poli,
  • optimiser la communication,
  • favoriser l’entraide,
  • désamorcer les conflits,
  • être sincère,
  • et respecter les conditions de travail.

6. Quelques outils pour s’entraîner à la bienveillance

bienveillance besoin Pour développer sa bienveillance, commençons par les méthodes dites « positives » : la psychologie positive, la psychopédagogie positive, l’Appreciative Inquiry, le Positive Behavior Support, etc.

Pour apprendre à mieux communiquer, on peut s’inspirer et mettre en pratique les techniques de la Communication Non Violente (CNV), en particulier l’outil OSBD : Observation, Sentiment, Besoin, Demande. On peut également suivre des formations de communication interpersonnelles, elles sont nombreuses. On peut aussi recourir au coaching professionnel. Je répondrais volontiers à vos questions sur le sujet si vous en avez, via le formulaire "me contacter" en bas à droite.

Enfin, on peut s’appuyer sur des grands principes plus globaux : la philosophie, les religions, la spiritualité… Peu importe votre choix, tant que vous sentez que ça vous aide à progresser.

Et comment ne pas finir cet article sans citer les 4 accords toltèques. Le premier « Que votre parole soit impeccable » nous invite à parler de façon sincère et positive (envers soi et envers les autres). Le deuxième « N’en faites jamais une affaire personnelle » consiste à mettre de la distance sur les propos des autres ; c’est leur vérité, ça leur appartient, et je suis libre de prendre ou pas. Cela permet de « se protéger » lorsque c’est nécessaire. Le troisième accord « Ne faites aucune supposition » nous invite à oser, poser des questions, exprimer nos besoins, chercher à bien comprendre l’autre pour éviter les malentendus. Enfin, le quatrième « Faites toujours de votre mieux » nous évite un jugement négatif envers nous-même. Nous sommes tous humains et donc imparfaits. Je suis convaincu que c’est en faisant de notre mieux que le monde autour de nous changera positivement.

Conclusion

Il existe de nombreux outils pour s’entraîner quotidiennement à développer sa bienveillance. Je vous laisse creuser par vous-même et mener vos propres recherches. N’hésitez pas à me solliciter ou commenter cet article si vous avez des questions et si vous souhaitez aller plus loin...

Loïc Quintin de Kercadio