Il existe de nombreux ouvrages sur le sujet de la confiance en soi dans les rayons de développement personnel de tous les libraires, à tel point qu’il est parfois difficile de faire un choix. De même sur internet, les articles sont pléthores, les conseils pour retrouver confiance en soi sont nombreux, certains judicieux, d’autres confus. Le lecteur cherche des informations qui pourraient l’éclairer sur sa confiance en lui-même, mais au bout du compte, il reste sur sa faim : il a du mal à trouver les réponses à ses interrogations.

Avant de retrouver confiance en soi, comment définir la confiance en soi ? D’où vient-elle ? Peut-on réellement la perdre ? Comment faire pour la renforcer ? Autant de questions qui restent en suspens malgré les nombreux écrits qui existent sur le sujet.

Pour retrouver la confiance en soi, encore faut-il savoir ce que l'on cherche

Qu’est-ce que la confiance en soi ?

Aussi, j’ai choisi de me pencher sur le sujet en m’appuyant d’une part sur mon expérience de coach et de psychanalyste, et d’autre part sur un ouvrage que je trouve excellent, de Christophe André et François Lelord, psychiatres et psychothérapeutes, « L’estime de soi », ouvrage de référence pour de nombreux thérapeutes.

Il s’agit maintenant de savoir de quoi on parle. Bien souvent, il y a une confusion entre les termes: estime de soi, confiance en soi, amour de soi, image de soi...

C’est pourquoi, avant de retrouver la confiance en soi, il est important de bien clarifier ce que l’on entend pour chaque terme.

La confiance en soi est une composante de l'estime de soi

L’estime de soi est un jugement que l’on porte sur soi, une auto-évaluation de ce que l’on est. Cela passe par le regard que l’on se porte, par l’amour que l’on éprouve pour soi-même. Lorsque ce jugement est bon cela permet d’affronter les difficultés de la vie sereinement, mais lorsqu’il est mauvais, tout devient compliqué et la sérénité fait place à la souffrance.

Nous employons des expressions au quotidien qui font référence à différents éléments qui composent l’estime de soi, ce sont par exemple « avoir confiance en soi, être sûr de soi, être content de soi », nous disent Christophe André et François Lelord. A travers ces expressions, nous parlons en réalité de l’estime de soi.

L’estime de soi, nous disent les auteurs, repose sur trois piliers qui sont l’amour de soi, l’image de soi et la confiance en soi.

L'amour de soi peut être confondu avec la confiance en soi

L’amour de soi, c’est ce qui est le plus important. Cela veut dire s’aimer malgré ses défauts, malgré ses failles et ses limites. L’amour de soi donne la force de se relever après les échecs. C’est l’amour transmis par les parents, cet amour inconditionnel qu’ils ont donné à l’enfant, malgré les bêtises qu’il a pu faire par exemple, mais aussi même si l’enfant ne correspond pas à ce que les parents imaginaient avant sa naissance. Cet amour donne suffisamment de force à l’adulte pour qu’il puisse rester debout face aux critiques, aux menaces, à l’adversité. Il constitue une base suffisamment solide qui évite l’effondrement. Nous comprenons pourquoi l’amour de soi est essentiel dans le fondement de l’estime de soi. De ce fait, il sera plus aisé de retrouver la confiance en soi si celle-ci a été mise à mal.

L'image de soi ou la perception de soi

L’image de soi correspond à la vision que l’on a de soi-même. Cette vision est subjective. C’est le regard que l’on porte sur soi, mais qui peut être erroné car il ne correspond pas forcément à la réalité. En effet, une personne peut avoir une image de soi négative malgré l’amour apporté par ses parents. Il existe un décalage entre les qualités et les défauts réels de la personne et la vision qu’elle en a. Si l’image que l’on a de soi n’est pas objective, l’estime de soi, dans sa globalité est fragilisée. Mais si l'image de soi correspond à la réalité, alors retrouver la confiance en soi qui a été perdue sera beaucoup plus facile.

La confiance en soi est liée à l'action

Nous arrivons enfin au dernier pilier de l’estime de soi, et qui nous intéresse aujourd’hui : la confiance en soi. Cela correspond à ce que l’on fait, à notre capacité à agir. « Etre confiant, c’est penser que l’on est capable d’agir de manière adéquate dans les situations importantes. » écrivent les auteurs. Il est vrai que l’on confond souvent estime de soi et confiance en soi. On reconnaît une personne qui manque de confiance en soi à son incapacité à prendre des décisions importantes car elle redoute l’échec, mais aussi à ses difficultés à agir pour des petites actions quotidiennes comme demander un renseignement à un inconnu, ou dans la vie professionnelle, parler à son patron par exemple. Retrouver confiance en soi dans ce cas, c'est comme remettre à niveau un réservoir d'eau après avoir colmaté la brèche...

Comme nous venons de le voir, il est par conséquent plus exact de parler d’estime de soi, plutôt que de confiance en soi. La confiance n’étant que l’un des trois éléments qui composent l’estime de soi.

Le narcissisme comme élément indispensable du développement de Soi

Les psychanalystes, quant à eux, relient l’estime de soi à la notion de narcissisme. Ce narcissisme est nécessaire au développement de l'être humain. Il est en lien avec le stade du miroir, qui est l'étape à laquelle l'enfant commence à prendre conscience de son corps et de celui de ses proches - en particulier sa mère - à travers son reflet dans le miroir. Ce processus a lieu entre 6 et 18 mois. C'est à ce moment-là que l'estime de soi de l'être humain prend ses fondements. Et il y a bien un lien avec le développement de la vision de soi et de l'amour qu'ensuite l'on se porte. Tout ce qui tend à renforcer le narcissisme (attention, nous ne parlons pas ici de pathologie qui est l'excès d'amour de soi), entraîne une meilleure estime de soi et par conséquent, une meilleure confiance en soi.

Sachant tout cela, me direz-vous, comment répondre aux questions que nous nous posions plus haut concernant le fait de retrouver confiance en soi ? Tout d’abord en comprenant d’où elle vient.

Où trouve-t-on la confiance en soi ?

La confiance en soi se transmet principalement par l’éducation, en premier par les parents, la famille. L’enfant procède par mimétisme. S’il voit ses parents agir, oser, ne pas craindre les échecs, aller de l’avant, alors il fera de même. S’il est encouragé à essayer de nouvelles choses, s’il est stimulé, il aura une confiance en lui solide. Ainsi l’école, les lieux d’apprentissage, de jeux, d’activités sportives sont des lieux où cette confiance en soi s’acquiert et -en principe- se renforce.

Mais nous l’avons vu, un enfant qui aura été aimé de manière inconditionnelle, et qui se sera construit une image de lui-même suffisamment solide, grâce à la vision que ses parents auront eue de lui et lui auront transmise, pourra agir plus facilement.

Peut-on réellement perdre confiance en soi ?

La confiance en soi n’est pas acquise une fois pour toutes. Les aléas de la vie peuvent l’ébranler. Mais plus l’estime de soi est solide, plus il sera facile de retrouver la confiance.

Je pense par exemple à cette patiente, Alice, qui était une femme dynamique, qui avait passé son permis de conduire à vingt ans et qui, habitant à Paris, a eu de moins en moins besoin d’utiliser sa voiture pour ses déplacements, laissant son mari conduire lors des trajets pour les vacances. Elle a progressivement perdu l’habitude de la conduite, elle n’a utilisé sa voiture qu’occasionnellement pour des petits trajets mais avec une inquiétude grandissante. Elle perdait confiance en sa capacité. Au fil du temps, cette inquiétude s’est transformée en phobie, et l’idée même de conduire est devenue angoissante. Alice avait une estime de soi très basse, le regard qu’elle se portait à elle-même était erroné. Elle se trouvait laide alors que son entourage la voyait comme une belle femme, se focalisait sur des défauts physiques qu’elle seule voyait, et son incapacité à conduire était selon elle la preuve qu’elle était nulle en plus d’être moche.

Dans son cas, et malgré sa demande, le travail de coaching en première intention était inapproprié. En effet, face à une demande pour retrouver confiance en soi, dans n’importe quel domaine, j’essaye toujours de savoir à quel niveau se situent les deux autres composantes de l’estime de soi. Est-ce que la personne s’aime suffisamment ? Est-ce que sa vision d’elle-même est peu déformée ? Si la réponse à ces deux questions est oui, alors on peut mettre en place un coaching qui permet de se remettre en action. Si la réponse est non, il faudra au préalable travailler à « renarcissiser » la personne, c’est-à-dire faire en sorte de lui permettre de s’aimer à nouveau et de s’accepter telle qu’elle est. Vous l’aurez compris, ce travail ne peut se faire qu’avec l’aide d’un thérapeute, sur une période un peu plus longue qu’un coaching. Il faut bien laisser le temps défaire ce qui a été fait… Suite à cela, un coaching pourra être envisagé.

Comment faire pour retrouver confiance en soi, plus particulièrement au travail ?

Partons du principe que l’estime de soi est suffisamment haute pour envisager un coaching afin de retrouver confiance en soi. Comme je le mentionnais plus haut, les conseils et les outils sont nombreux pour augmenter la confiance en soi. Parmi les différentes techniques, et si nous devions n’en retenir qu’une, il existe ce qu’on appelle la technique des « petits pas ».

C’est très simple, plutôt que d’envisager un objectif disproportionné pour la personne, fractionner le chemin pour rejoindre l’objectif en plusieurs petites étapes : les petits pas. En effet, il est plus simple de monter un escalier marche après marche, en s’arrêtant sur chaque palier, plutôt que de monter les marches quatre à quatre pour arriver plus vite en haut, mais s’écrouler à mi-parcours…

Si je reprends l’exemple d’Alice qui avait peur de conduire, plutôt que de lui dire « il faut se lancer, ne pas se poser de questions et prendre le volant », je lui ai demandé quelle serait la première étape pour elle, qui serait la moins angoissante, et qui lui permettrait non pas de reprendre le volant tout de suite, mais d’aller dans ce sens, de faire un premier petit pas dans cette direction. Elle me répondit "retourner prendre des cours à l’auto-école". Ce premier pas ne fut pas simple pour elle, car il a fallu travailler sur le sentiment de honte qu’elle éprouvait à l’idée de reprendre des cours. Aujourd’hui, Alice conduit tous les jours et sa phobie n’est plus qu’un mauvais souvenir.

Dans le monde professionnel, la technique pour retrouver ou acquérir de la confiance en soi est la même.

Je me souviens de Gilles qui se plaignait d’être isolé et de se sentir à l’écart dans l’entreprise où il travaillait. Il avait du mal à communiquer avec ses collègues, se croyait insignifiant, pensait n’intéresser personne. Je lui demandai quelle serait pour lui la situation idéale, il me répondit qu’il se sentirait bien le jour où il parviendrait à demander à ses collègues d’aller manger avec lui à la cantine, mais aussi inversement, lorsque ses collègues lui proposeraient de manger avec eux… Le premier petit pas dans cette direction fut dans un premier temps d’aller saluer ses collègues le matin en arrivant, action anodine en apparence mais particulièrement difficile pour Gilles. Aujourd’hui Gilles est un collaborateur très apprécié et il se sent bien dans son entreprise.

Vous l’aurez compris, retrouver confiance en soi est primordial pour s’épanouir dans sa vie professionnelle, et dans sa vie tout court. Les deux exemples ci-dessus, montrent bien que cela ne se fait pas du jour au lendemain. La méthode des petits pas vaut pour toutes les situations. Et lorsque le premier pas est fait, cela ajoute une petite pierre à l’édifice que vous construisez, en lui permettant d’acquérir une base solide. Et plus la base devient solide, plus il est aisé de faire d’autres pas qui renforceront à leur tour la confiance en soi. C’est un vrai cercle vertueux !

De plus, en faisant des petits pas, il est plus facile de réussir. C’est cette réussite qui favorise l’envie d’agir à nouveau et de prendre des risques donc de gagner en confiance en soi.

Je vous propose de faire votre premier petit pas, une toute petite action, qui va vous permettre d’aller vers votre objectif, et de nous dire comment cela vous a aidé.

A vos claviers !

Nadia Graps Tandéo