En introduction musicale, voici la chanson préférée de Charly, notre capitaine ! Un petit cadeau inspirant...


N’aimeriez-vous pas, comme le héros de la chanson, avoir des rêves d’avenir, y croire fermement, vous sentir libres de choisir et pleins d’énergie ?

N’aimeriez-vous pas être moins conscients du poids de vos décisions, de vos responsabilités d’adultes et des risques que vous courez en choisissant telle ou telle voie ? N’aimeriez-vous pas retrouver l’insouciance et l’enthousiasme de vos jeunes années ?


Une reconversion professionnelle, c’est la chance de reprendre notre vie en main, de nous écouter et de faire nos propres choix d’avenir. Nous écouter, cela signifie nous reconnecter à l’enfant qui est en nous pour, au final, profiter de ses capacités d’émerveillement, de créativité et de liberté d’action.


Je vous propose un petit voyage à la recherche de cet enfant qui est en nous.


Lorsque nous l’aurons trouvé, nous verrons comment faire pour l’amener à s’exprimer à travers nous, pour nous permettre de vivre en tant qu’adultes libres de nos choix.

Avant de commencer ce voyage, posons-nous une question : comment sommes-nous parvenus à notre situation professionnelle actuelle ? Avons-nous réellement choisi notre métier, ou avons-nous laissé la vie faire ?

"Qu’est-ce qu’on va faire de toi ?
Laissons la vie faire, c’est elle qui décidera
Qu’est-ce qu’on va faire de moi ?
Laissons la vie faire, c’est bien mieux comme ça"


Laisser la vie faire ou choisir sa vie


Pour le coup, ne rêvons pas : nombre d’entre nous n’ont pas choisi leur «première vie professionnelle», comme nous l’explique un rapport d’enquête de l’ONISEP qui liste les nombreux facteurs influençant le choix des jeunes dans la formation de leur projet d’avenir. Les facteurs mentionnés sont géographiques, structurels (nombre de places offertes et marché de l’emploi) et sociaux (composition sociale de l’établissement fréquenté).

A cela s’ajoutent les facteurs individuels tels que la représentation du monde de la personne, l’estime qu’elle a d’elle-même, ses valeurs et ses goûts, construits au sein de sa famille et partagés dans un groupe social.

"Ma maman voudrait bien me voir :
Chercheur, notaire ou prof de maths
Moi je me verrais ... plutôt plus tard :
Rêveur, ninja ou prof de rap
Mon papa voudrait bien me voir :
Spécialiste, bureaucrate, politologue

Ce rapport souligne l’impact de la socialisation familiale dans le choix des orientations de poursuites d’études.


Pour prendre un raccourci, la socialisation familiale est le processus par lequel chaque membre de la famille (en particulier garçon et fille) apprend quelle est sa place et quelles règles de vie il doit respecter pour que la famille vive en harmonie.

Il est curieux de remarquer que les filles seraient inconsciemment valorisées pour leur obéissance, leur persévérance, leur attention pour autrui et leur usage limité de l’espace, alors que les garçons le seraient pour leur esprit de compétition, leur goût des grands espaces et leurs marques de personnalité.



Par bonheur, le processus de socialisation se déroule tout au long de la vie des individus et ceux-ci disposent d’une autonomie qui leur permet de faire leurs propres choix et de construire leur propre identité !


C'est mon choix... ou celui de mes parents


Les attentes familiales sont, quant à elles, une sorte d’héritage invisible qui emprisonne la personne et qui l’empêche d’agir. Les parents projettent sur leurs enfants leurs désirs conscients ou inconscients, leurs propres rêves inaboutis et fabriquent ce fait l’image d’un enfant idéalisé dont le projet professionnel servira à accomplir -ou réparer- la vie estimée ratée ou rêvée de l’un de ses parents. Cela ne sera bien sûr pas vécu comme tel : le moment venu, l'étudiant aura réellement la conviction d’avoir choisi son avenir professionnel et son orientation, le fait de faire plaisir à ses parents sera perçu comme secondaire alors qu’il s’agira en réalité de la véritable motivation.

"Ta tata voudrait bien te voir :
Ingénieur, avocat ou consul
Moi je me verrais ... plutôt plus tard :
Franc-tireur, manga ka, fabriquant de bulles"

Dans mon expérience de l’accompagnement, j’ai croisé la route de plusieurs personnes qui avaient "suivi le même chemin que papa ou maman", mais en mieux, convaincus qu’ils trouveraient le bonheur en faisant la fierté de leurs parents. Nombre d’entre eux en sont revenus et ont décidé de choisir leur avenir : ils se sont lancés dans un processus de reconversion.

Qu’est-ce que, qu’est-ce qu’on va faire de moi ?
« heu je sais pas moi : testeur de berceuses ?

Laisser la vie faire les choix à notre place consiste, au final, à subir et à construire notre projet d’avenir sous l’influence de ces nombreux facteurs émanant de notre entourage. Parmi ceux-ci, le sentiment que les choix de nos parents -ou de notre famille- sont aussi valables pour nous et que nous devons reprendre le flambeau. C’est ainsi que naissent des générations de comptables ou d’ingénieurs, à moins qu’il ne s’agisse de reprendre l’entreprise familiale : là, parfois, le chemin est tellement tracé d’avance qu’on a même l’impression de l’avoir choisi !!
"Oui, c’est mon choix, vraiment, mais je ne sais plus à quel âge la décision a été prise" .




Ce qui est certain, c’est qu’à aucun moment le choix de vie n’est le notre, à aucun moment il n’est question de notre bonheur !

"Ma famille voudrait bien me voir
Tout ce qui, dans la vie, m’ennuie profondément
Moi ce qui me plaît c’est de croire
À mes rêves, tous les jours, indéfiniment"

La tentation de laisser nos parents choisir à notre place, quand on est étudiant, est fréquente et je la croise souvent sur les bancs de l’université. Il peut être rassurant, quand on est à court d’idée ou quand le choix est si large que l’on s’y perd, de se dire que les parents savent ce qui est bon nous. Après tout, n’agissent-ils pas pour le bien de leurs enfants ? Mais lorsqu’ils choisissent pour eux, avec toute la bonne foi du monde, ils choisissent à leur place et en fonction de leur propre histoire.


Pourtant, choisir sa vie professionnelle est la seule voie vers l'épanouissement !


A présent, pour retrouver notre liberté d'action et notre capacité à choisir, partons à la recherche de cet enfant qui est en nous, car dans chaque personne adulte, il y a un enfant qui sommeille.


A la recherche de notre Enfant Intérieur





Bonne idée, me direz-vous, mais où est-il, cet enfant ? Certains d’entre-vous me diront : «ok d’accord, mais j’ai 40 ans, et ça fait belle lurette que que l’adulte a pris la place de l’enfant ! Alors je me reconnecte à rien du tout !» Je suis d’accord. Pourtant, je vous l’assure, dans tout adulte l’enfant qu’il a été est là, quelque part. Et vous le savez bien… Il sommeille.


Pour le trouver, vous devez vous replonger dans votre enfance, dans vos souvenirs les plus simples, les plus primaires : un parfum, un goût.
Le goût de la tartine beurrée de votre grand-mère dans le chocolat chaud.
La sensation lorsque votre grand-père vous laissait tomber dans l’édredon de plumes. POUF !
Des choses qui ne s’oublient pas, quoi. Des choses qui ont peut-être du mal à sortir du plus profond de vous-même parce-qu’elles sont reliées à des blessures d’enfant. Il s’agit de votre enfant intérieur.


La notion d'enfant intérieur : quelques éclaircissements


Ce concept a été créé par Carl Gustav Yung pour désigner la part enfantine de l’adulte, fortement liée à l’enfant qu’il a été. Il a ensuite été repris dans les années 60 par Eric Berne qui en a fait la base de l’Analyse Transactionnelle. L’approche que je vous propose en est une libre interprétation et est personnelle.


Pour faire simple, partons de l’idée que l’enfant que nous avons été continue d’exister en nous. Les blessures de notre enfance, lorsqu’elles n’ont pas été soignées, continuent de faire souffrir les adultes que nous sommes et se traduisent par des difficultés de vie et des états de mal-être divers et variés. L’enfant intérieur, celui que nous avons été, souffre toujours car il n’a pu se développer et s’exprime, en nous faisant adopter des attitudes et des réactions infantiles qui nous maintiennent dans un état de souffrance et de peur, comme enchaînés à l’origine du mal. Nous sommes aujourd’hui tout ce que nous avons vécu, nous sommes porteurs de notre histoire et nous devons l’accepter car il est impossible de la fuir.


Réhabiliter notre enfant intérieur, c'est accepter notre histoire



Que nous le voulions ou non, l'adulte que nous sommes s'est construit avec son histoire et s'est fabriqué une carapace de protection dans laquelle il a tenté de réduire cet enfant intérieur au silence. Les peurs de l'enfant n'ont pourtant pu être étouffées par cette carapace et sont devenues tout un cortège de peurs exprimées à travers l'adulte : peur de l'abandon, peur de la douleur physique, peur du jugement, peur de manques divers, peur de la pression, peur de l'amour etc... Lorsque l’histoire a été douloureuse, pour survivre, notre enfant intérieur n’a eu d’autre choix que de se faire tout petit et de se taire, aux tréfonds de nous-même. Il n’a pu exprimer que son amertume, sa frustration et ses peurs.


Prendre soin de son enfant intérieur signifie exprimer et accepter sa propre histoire, reconnaitre les blessures de son soi-enfant, reconnaître ses manques infantiles et l’écouter, puis le consoler comme on console son enfant. Se consoler soi-même, s’auto-materner.

Voici un cheminement qui vous permettrait de le trouver :

  1. Rappelez-vous une sensation olfactive, visuelle ou tactile issue d’un souvenir d’enfance et visualisez la scène. Vous vous revoyez enfant, c’est votre enfant intérieur.

  2. Racontez à votre enfant intérieur ce que vous avez vécu pendant tant d’années, sans lui mentir. Après tout, il s’agit de vous, soyez sincère. Demandez-lui pardon et expliquez pourquoi vous n’avez pas pris contact avec lui. Surtout, soyez gentil avec vous-même.

  3. Demandez-lui de vous parler de l’adulte que vous êtes, puis de son histoire. De ses joies, de ses souffrances. Permettez-lui d’exprimer ses sentiments, laissez-vous aller. C’est très important.

  4. Répondez-lui en lui montrant que vous pouvez combler ses manques, que vous pouvez être un parent aimant, respectueux de sa personnalité et à l’écoute. Soyez avec lui le parent aimant qui vous a tant manqué. Rassure-le, consolez-le. Consolez-vous.

  5. Donnez-vous régulièrement le temps de ce type d’échange avec votre enfant intérieur. Donnez-vous la liberté de jouer, de chanter, de vous détendre.

Que gagnerons-nous à nous à agir de la sorte ? Ne risquons-nous pas la schizophrénie, en nous adressant à nous-même de cette façon ?

Je vous rassure, le dialogue intérieur est un exercice que nous pratiquons tous, même sans le savoir ! Par exemple, lorsque devant une difficulté, nous nous disons : «allez, courage, fonce !» Puis : «Oui mais quand-même, tu es sûr d’avoir bien réfléchi ?» Nous avons tous une petite voix intérieure, il ne reste qu’à trouver le bon interlocuteur : l’enfant intérieur


Ce que nous apportera cette démarche, c’est d’abord une paix avec nous-même. En nous remémorant notre propre histoire, en l’acceptant, en comprenant, en faisant les liens entre les événements vécus par notre enfant intérieur et notre identité actuelle, nous accepterons, nous prendrons du recul, nous retrouverons la paix. Ah ce s’est pas simple ! Si notre enfant intérieur a beaucoup souffert, s’il ne peut pas s'exprimer, s’il pleure trop, l’aide d’un thérapeute sera nécessaire, mais salutaire. N’hésitons pas. C’est le prix de la liberté !


Un enfant intérieur apaisé fera un adulte heureux


Accepter notre propre histoire, c'est redonner à chacun la responsabilité qui lui revient. L'enfant n'est pas responsable de sa souffrance, la responsabilité en revient à son ou à ses parents mal aimants. Et la souffrance en tant que ressenti ne se discute pas. Une fois acceptée et reconnue, la souffrance se transforme et participe à une sorte de résilience. Sa reconnaissance permet à la personne d'avancer dans la vie !

Accepter notre propre histoire, c'est faire la paix avec l'enfant que nous avons été, guérir ses blessures et l'aimer. C'est faire le deuil de cette enfance douloureuse qui maintenait la personne que nous sommes dans une dichotomie intenable : d'un côté l'enfant intérieur et son besoin d'exprimer sa souffrance , de l'autre l'adulte et son désir de l'oublier.

Accepter notre propre histoire, c'est être capable de la continuer et non d'en créer une différente. C'est être en mesure de prendre du recul, de la regarder avec davantage de sérénité et de choisir la vie et le chemin que nous voulons prendre en y intégrant des données nouvelles : la confiance en soi, le bonheur, la liberté de choix...


Et alors, me direz-vous ? Et la reconversion, dans tout ça ??

Rappelez-vous mes propos du début : une reconversion professionnelle, c’est la chance de reprendre notre vie en main, de nous écouter et de faire nos propres choix d’avenir. Nous écouter, cela signifie nous reconnecter à l’enfant qui est en nous pour, au final, profiter de ses capacités d’émerveillement, de créativité et de liberté d’action. C'est exactement ce que nous seront capables de faire !

"Chaque homme cache en lui un enfant qui veut jouer". Friedrich Nietzsche


Rêver sa vie, élargir son horizon et ses possibilités de choix professionnels


L'enfant intérieur apaisé nous donnera le meilleur de son identité d'enfant, qu'il est à présent en mesure d'exprimer ! Nous serons à nouveau en mesure de nous enthousiasmer et de rêver notre vie, de retrouver un peu de légèreté. Débarrassés de nos peurs liées à nos souffrances d'enfant, notre estime de nous sera restaurée, notre confiance en nous pourra s'exprimer et nous avancerons sans toutes ces peurs qui nous paralysaient.

Retrouver son âme d'enfant de signifie pas faire preuve de la naïveté propre aux enfants et d'immaturité, mais prendre ce que l'enfance a de bon : l'enthousiasme, la joie de vivre, la capacité à jouer, à imaginer, à s'émerveiller, à rêver, ne nous laissons pas distraire par des futilités qui n'ont de difficulté que le nom, attachons-nous à ce qui est vraiment important, notre vie sera positive.

Puisque nous sommes adultes, puisque nous avons acquis une certaine sagesse et de l'expérience, mettons-les au service de nos rêves pour les réaliser.


Pour finir, un petit cadeau : Aldebert donne la parole aux enfants d'aujourd'hui !


Et vous ? Avez-vous des rêves que vous aimeriez réaliser ? Avez-vous retrouvé votre enfant intérieur ?