Je suis régulièrement confrontée dans ma pratique à des demandes de personnes qui veulent se reconvertir professionnellement pour devenir coach. Elles envisagent ainsi une voie professionnelle qui peut être radicalement différente de leur activité actuelle. Parfois la solution trouvée n’est pas le changement drastique d’activité et un simple ajustement est suffisant. Parfois le changement est radical et il m’est arrivé d’aider des personnes à effectuer un bouleversement complet de leur vie professionnelle.

Mais il arrive aussi, et de plus en plus fréquemment je trouve, que les personnes découvrent au fur et à mesure de leur réflexion que le métier de coach a bien des attraits et que c’est finalement ce métier là qu’elles veulent exercer. Changer de métier pour devenir coach est une excellente chose ! C’est un métier extraordinaire qui apporte bien des satisfactions...

Aussi j’ai envie aujourd’hui de vous apporter quelques éclaircissements sur cette profession afin que vous puissiez la choisir en toute connaissance de cause avant de vous lancer dans une formation au coaching. Mais surtout que vous effectuiez votre choix pour les bonnes raisons et pas pour les mauvaises.

Pour quelles mauvaises raisons veut-on devenir coach ?

Devenir coach pour être à la mode ?

Le coaching a le vent en poupe. Il s’est développé tout d’abord dans le milieu sportif pour aujourd’hui être présent en entreprise mais aussi dans tous les domaines de vie. Il s’adresse à toutes les populations et à toutes les tranches d’âges.

La société actuelle et le culte de la réussite et de la performance ont favorisé son développement. Mais pas seulement. Au delà de la réussite, c’est aussi et surtout pour le bien-être et l’équilibre des personnes qu’il est utilisé, autrement dit pour leur développement personnel.

Dans les pays anglo-saxons avoir un coach est « monnaie courante », aussi il est plus facile d’en faire une activité professionnelle que chez nous en Europe. Aujourd’hui en France le marché du coaching se développe de plus en plus, les écoles de coaching pullulent, et l’on se dit facilement qu’il y a des places à prendre. Alors pourquoi ne pas essayer et se former pour devenir coach ?

Devenir coach: Une histoire de transfert ?

Lorsque l’on a affaire à un coach ou à un thérapeute, on est souvent en position de faiblesse. En effet, si on fait appel au « psy » c’est qu’on ne va pas bien forcément, et idem pour le coach, on va le voir pour résoudre une difficulté ou pour qu’il nous aide à atteindre un objectif. Dans tous les cas nous pensons que le coach ou le psy en sait plus que nous sur nous et que c’est grâce à lui qu’on va aller mieux. C’est logique, sinon nous n’irions pas les voir… Dans le choix de devenir coach, on retrouve ce besoin pas toujours conscient de ne plus se sentir en position de faiblesse et de prendre la place que l’on croit « dominante » du coach.

Pour que le coaching ou la thérapie soit un succès il faut que la relation entre les deux protagonistes soit bonne. Cette relation, dans laquelle se produit ce qu’on appelle un transfert positif, est la clé du succès de la démarche. Pour illustrer cela, prenons un exemple. Le client considère son coach comme une personne bienveillante, qui va tout faire pour qu’il aille mieux, et qui lui rappelle, à travers certains comportements, soit une bienveillance paternelle, maternelle, fraternelle, familiale voire même amicale. Et par conséquent, le client va trouver le coach « formidable » et va se dire, « c’est super ce qu’il fait, j’aimerais lui ressembler, faire le même métier que lui… », et va tout faire pour « lui faire plaisir », y compris trouver ses solutions, aller mieux etc.

Ce phénomène se produit souvent lorsque dans une relation il y a d’un côté celui qui est en demande, ou en attente de quelque chose, et de l’autre celui qui sait, qui a un certain « pouvoir ». Je suis persuadée que parmi vous, certains se rappellent d’un prof de lycée qui était tellement sympathique qu’il a réussi le tour de force de vous faire aimer une matière que vous détestiez auparavant !… C’est tout simplement grâce au transfert positif.

Avez-vous eu dans votre vie affaire à quelqu’un qui vous a aidé et qui vous a inspiré par la suite dans votre choix de devenir coach ?

Devenir coach pour se guérir en aidant les autres

Nous sommes tous dans notre vie confrontés à des situations difficiles ou douloureuses. La vie parfois ne nous épargne pas. Nous réussissons plus ou moins bien à surmonter les obstacles et à avancer. Et nous rencontrons sur notre chemin des personnes qui sont dans le même cas que nous l'avons été à une certaine époque, avant de nous former nous-même au métier de coach. Nous avons réussi à résoudre nos difficultés par différents moyens, et nous pensons que grâce à notre expérience nous pouvons les conseiller à notre tour. Nous nous disons que notre expérience va servir à régler leurs problèmes.

Hélas cela ne fonctionne pas ainsi ! Et vous l’apprendrez bien vite si vous choisissez de vous former au coaching.

En effet, pour aider les autres, le coach ne doit pas faire référence à soi ! Si lors d’un accompagnement vous vous dites « tiens, mon client a la même problématique que moi, alors je sais quoi lui proposer pour qu’il aille mieux », vous n’êtes plus à son écoute mais à la vôtre ! A travers sa problématique, vous « revisitez » la vôtre. En quelque sorte c’est comme si vous vous « re-coachiez » vous-même à travers lui. Devenir coach ne veut pas dire devenir à nouveau stagiaire coach, et retourner sur les bancs d’une école de coaching, ni être le client de vous-même.

L’histoire de votre client n’est pas la vôtre, même s’il semble y avoir des similitudes. Donc les solutions ne peuvent être les mêmes. Mais surtout les choix qu’il peut faire ne sont pas forcément ceux que vous vous auriez faits. En procédant ainsi vous ne laissez pas la possibilité d’une autre perspective, d’une autre façon d’aider. Chaque cas est unique, votre accompagnement doit l’être également.

Seul un travail sur vous approfondi, de type thérapeutique ou de développement personnel pourra vous aider à garder la distance nécessaire en toute situation. Avant de choisir de vous former au coaching, demandez-vous où vous en êtes vous par rapport à ça ?

Les bonnes raisons pour devenir coach

La première bonne raison de vous reconvertir comme coach est bien entendu une envie d’aider l’autre, mais pas de faire à la place de l’autre.

Ensuite, cela passe par l’envie sincère d’écouter la personne, de la questionner, de favoriser son autonomie et son développement, de lui permettre de réussir ses objectifs.

Pour cela il faut être capable de se tenir en retrait par rapport à elle, et de ne pas forcément en attendre une reconnaissance. Autrement dit, il faudra laisser votre ego de côté. En tant que coach, vous devrez être capable de vous empêcher de lui donner des conseils, même si vous êtes expert du même domaine que votre client. Votre conseil ne sera jamais aussi puissant que sa propre découverte personnelle de solution.

Une dernière chose que je voudrais ajouter c’est qu’il faut être capable de supporter la frustration de ne pas pouvoir aider. En effet, si vous décidez de devenir coach, vous devrez accepter que vous ne pourrez jamais forcer quelqu’un à aller mieux, s’il ne le veut pas.

Si vous vous retrouvez dans ces derniers points, alors vous êtes un bon candidat au coaching.

Et si vous souhaitez aborder d’autres points, éclaircir encore quelques zones d’ombre, n’hésitez pas à me contacter. Je serai ravie de vous accompagner à devenir coach, et, par un coaching, de vous mettre sur la voie !