Ca y est ! votre décision est prise, vous ne voulez plus continuer à travailler dans ces conditions ! Trop de stress, pas de reconnaissance du travail accompli, une vie personnelle qui passe au second plan... L’idée a commencé à germer dans votre esprit : peut-être dois-je changer quelque chose dans ma vie professionnelle afin de me sentir bien à nouveau ? Vous ne comprenez pas pourquoi et comment vous en êtes arrivé là. Vous avez beau tourner et retourner cent fois la question dans votre tête (surtout la nuit) mais rien n’y fait.

Premier interlocuteur : le conjoint

Alors au bout de plusieurs nuits d’insomnie vous décidez donc d’en parler à votre conjoint. Il s’agit en général de la première personne à qui l’on s’adresse. Presque toujours le conjoint compatissant a déjà écouté vos plaintes professionnelles. Il sait exactement ce qui se passe au quotidien pour vous au bureau : en effet, vous rentrez tous les soirs la mine défaite, et vous lui racontez par le menu détail comment votre patron a ignoré votre compte rendu détaillé que vous lui aviez mis sur sa pile de dossiers, comment votre collègue s’est fait un malin plaisir à faire de la rétention d’information à votre égard etc...

Et à chaque fois il vous répond la même chose : "tu devrais faire ci, tu devrais répondre ça, à ta place je ferais ça" ...

Oui mais il n’est pas à votre place, et cela vous énerve ! Vous avez l’impression qu’il ne vous comprend pas... Alors vous vous renfermez sur vous même, de plus en plus. Vous êtes irritable, vous ne supportez plus vos enfants, vous n’écoutez plus vos ados, bref votre entourage est le premier à pâtir de cette situation.

Alors lorsque vous dites à votre conjoint que vous devriez peut-être changer de job, il vous répond «bonne idée, mais tu devrais quand même bien réfléchir...»

Deuxième interlocuteur : le meilleur ami

Vous décidez donc d’en parler à votre meilleur ami pour avoir son point de vue et pour qu’il vous aide à réfléchir. Justement, votre ami n’est pas votre meilleur ami pour rien : il est compatissant et vous dit que vous avez raison d’avoir envie de changer. Votre patron est un c... et votre collègue aussi ! Mais quand même, il ne faut pas oublier la crise économique et la difficulté de nos jours à trouver un travail. On sait ce qu’on perd, mais on ne sait pas ce qu’on trouve ! «Tu devrais bien réfléchir avant d’envisager une solution radicale. Comment feras-tu pour payer les traites de votre maison si tu ne trouves pas un autre poste rapidement ?»

Vous vous dites que votre ami a raison, il vous comprend, mais il n’a pas vraiment de solution à vous proposer. D’ailleurs il vous a ouvert les yeux... Mais ce que vous ne savez pas, c’est qu’il vous a transmis, à votre insu, sa propre peur du changement qui va s’ajouter à vos autres nombreuses peurs. Et votre désir de bouger va en rester au stade d’embryon, paralysé par la peur.

Au bout de quelques mois, la situation a empiré. Vous êtes de plus en plus énervé, déprimé, anxieux et les manifestations physiques se font ressentir : mal au dos, maux d’estomac...

Troisième interlocuteur : le médecin

Vous décidez donc d’en parler à votre médecin. Il vous connait bien, depuis longtemps, et il vous écoute. Il vous prescrit des médicaments pour soigner vos troubles et dit que vous ne devriez pas vous faire autant de soucis pour votre travail ! Vous devez apprendre à relativiser, vous ne devez pas voir tout en noir et surtout vous devez vous reposer. Il vous propose un arrêt maladie, un petit anxiolytique pour vous aider à dormir, et un «léger» antidépresseur pour vous aider à passer cette période difficile...

Voilà, vous êtes malade ! Vous avez une semaine d’arrêt maladie pour vous en convaincre !

Quatrième interlocuteur : le père, la mère

Vous décidez d’en parler à vos parents. Vous ne voulez pas les inquiéter, ils ont toujours été là pour vous... Aujourd’hui vous espérez trouver un soutien et un réconfort, et pourquoi pas, qu’ils vous donnent peut-être une solution. Mais votre père se désole et vous dit qu’avec lui les choses ne se seraient pas passées comme ça. Votre mère va dans son sens tout en vous disant que de toute façon ça ne l’étonne pas, cela devait arriver, vous avez toujours été un enfant renfermé et manquant de confiance en lui. Bref, c’est dans la continuité de ce que vous avez toujours été, et ce n’est pas à 40 ans que cela va changer...

Vous vous apercevez finalement que vos parents ne peuvent rien pour vous, que personne n’arrive à vous aider réellement.

Cinquième interlocuteur : psy ou coach ?

Alors vous envisagez une aide extérieure : peut-être que vous devriez aller voir un psy ? Non, cela vous angoisse et il ne faut pas exagérer, vous n’êtes pas fou non plus !

Vous décidez finalement de faire appel à un coach professionnel, ça fait moins peur que le psy, et en plus il va vous dire ce que vous devrez faire, car l’entreprise, il s’y connait.

Le rendez-vous est pris, vous sentez que le coach est à votre écoute, il vous pose des tas de questions très pertinentes, sur vos besoins, vos désirs, vos talents, vos valeurs. Mais il ne vous donne pas de solution toute prête. Il vous oblige à chercher en vous vos réponses. Mais cela est difficile pour vous, car dans votre mode de fonctionnement, ce sont les autres qui aident et apportent les solutions.

Le coach vous pousse dans vos retranchements, mais vous êtes bloqué par la peur. Votre manque de confiance en vous (votre mère avait raison...) vous empêche d’avancer.

Vous travaillez avec lui sur comment faire pour retrouver confiance, mais vous sentez que cela ne suffit pas, même si cela vous fait du bien.

Vous commencez à voir plus clair dans votre situation professionnelle. Vous comprenez que vous avez un besoin exacerbé d’être reconnu dans votre travail, que le comportement de vos collègues est un juste retour de votre comportement à vous (pourquoi avez-vous besoin de vous mettre constamment en avant pour qu’on fasse attention à vous ?).

La solution est-elle dans le changement de travail ou dans un changement de comportement ?

Changer de job ne semble pas être la solution, finalement votre métier vous plait, c’est vous qui avez choisi cette voie.

Il s’agit de quelque chose de plus profond, c’est votre façon d’être qui doit être modifiée.

A la fin de votre coaching, vous avez enfin une piste de résolution : vous avez fait le choix de rester à votre poste et vous allez mettre en place de nouveaux comportements pour ne plus ressentir de stress et pour améliorer votre confiance en vous.

Votre coach vous suggère d’entreprendre un accompagnement avec un psy car il sent que même si les 10 séances de coaching ont réussi à régler votre problématique professionnelle, il reste en vous de nombreux freins qui risquent de vous bloquer à un moment ou à un autre dans votre vie personnelle et professionnelle. Alors, plutôt que d’attendre d’être confronté à nouveau à des situations difficiles, pourquoi ne pas s’adresser directement à un interlocuteur approprié qui vous aidera à faire sauter toutes les barrières ? Et pourquoi pas en profiter également pour vous interroger sur votre peur du psy ?

Tiens, finalement c’est le seul vrai conseil que le coach vous a donné ! Mais il pouvait, le coaching était terminé...

Si on réfléchit bien, peut-être qu’il faudrait commencer par la fin et s’adresser directement à un coach qui saura vous faire poser les bonnes questions et vous orienter vers les bons interlocuteurs ? Que de temps de gagné ... et de souffrances inutiles épargnées !

Si vous vous êtes retrouvés dans ce récit, faites-le nous savoir ! Quels ont été les bons interlocuteurs pour vous ?