Certains de mes clients se posent ou se sont posés la question d'aller travailler dans le monde associatif pour retrouver du sens et honorer des valeurs humaines qu'ils ne trouvaient plus en entreprise. J'ai eu la chance de rencontrer Pierre, directeur de l'Union Diaconale du Var, qui a quitté le monde de l'entreprise "classique" pour travailler dans le monde associatif. J'ai proposé à Pierre de l'interviewer sur son association afin d'aider les personnes qui se posent des questions sur ce "monde" à y voir un peu plus clair.

Pourrais-tu te présenter succinctement ? (Parcours professionnel)

De formation technique, j’ai démarré comme instituteur puis j’ai embrassé la fonction commerciale. Mon premier poste m’a conduit à évoluer vers des postes de managers au sein de grands groupes (Total, Descours et Cabaud, Dekra) mais aussi de PME. Une opportunité financière m’a permis de m’installer à mon compte pendant 6 ans comme formateur commercial. Et je suis depuis deux ans et demi, directeur des services dans une association, l’Union Diaconale du Var.

Tu travailles aujourd’hui pour une association. Peux-tu nous décrire ses principales actions ?

L’association a pour vocation la lutte contre l’exclusion sociale et la promotion humaine en lien avec les collectivités locales. Nous participons à la mission de la diaconie au sein de l’église du Var.

Une soixantaine d’actions sont organisées autour de cinq grands thèmes :

    ·Accompagner les personnes de la rue

    ·Soigner et favoriser le bien être

    ·Héberger et faciliter l’accès au logement

    ·Etre acteur de l’insertion

    ·Promouvoir le vivre ensemble en famille et dans les quartiers

Qu’est-ce qui a motivé ton choix de travailler au sein d’une association ? Et pourquoi maintenant ?

J’ai toujours pensé que l’on travaillait efficacement lorsque l’on trouvait du sens à son travail. J’ai eu la chance tout au long de ma carrière de pouvoir travailler avec passion. Mes engagements personnels ont toujours été proches du caritatif, il était tracé que je retrouve un jour une conjugaison parfaite entre mes aspirations personnelles et mon travail. A moins de dix ans de la retraite, cette nouvelle expérience me permet d’appréhender un nouveau secteur et de soutenir mon QI, mon QE et d’y ajouter cette notion de Quotient spirituel nécessaire à chacun d’entre nous.

Pourrais-tu nous donner des exemples de fonctions que l’on trouve au sein d’une association ?

Les associations couvrent quasi tous les métiers en fonction de leur secteur d’activité. L’association est un statut, un état d’esprit mais on y retrouve les mêmes métiers. Ce qui change c’est essentiellement le mode de gouvernance. Chez nous les métiers du social sont liés à notre activité. Nous avons des comptables des responsables de communication des personnes en charge des RH, etc…

Par rapport à tes autres expériences professionnelles, qu’est-ce qui fait la particularité d’une association vs entreprises plus « classiques » ?

Essentiellement le mode de gouvernance. Il est essentiel de se sentir co-responsable de l’activité. L’objectif est décentré du financier et l’objectif de l’action prime sur les problématiques financières même si elle nous rattrape très vite. Agir pour accompagner les plus démunis restera plus important que d’avoir un compte de résultat positif.

Faut-il une formation spécifique pour travailler dans l’associatif ?

La formation doit être en correspondance avec le métier que l’on occupe. Dans le monde du social, nous avons nos particularités. Pour ma part j’ai une formation tout à fait classique relative au monde de l’entreprise

Quelles qualités, compétences sont recherchées dans ce secteur ?

Travailler dans le monde associatif est avant tout un état d’esprit. Il faut accepter que l’humain passe avant tout le reste. Chez nous les valeurs du cœur doivent être sondées et correspondre à une volonté d’être au service. L’humilité doit être recherchée, le don de soi et l’abnégation sont des valeurs qui rejoignent le sens de servir l’autre avant tout.

Un des apriori sur le secteur associatif est le niveau de salaire plutôt bas. Confirmes-tu ?

Si l’on vient vers le monde associatif avec le souhait de s’enrichir, c’est que l’intérêt est un peu décalé. Les salaires sont corrects et comme toutes entreprises, il y a des associations qui sont mieux loties que d’autres. On ne trouvera pas de très gros salaires, mais on peut y vivre correctement.

Quelles évolutions possibles au sein d’une association ?

Les associations de notre réseau ressemblent à des TPE. L’évolution est donc identique à celle des TPE, toutefois, l’association est très ouverte à l’évolution des personnes et accepte assez volontiers de voir partir un salarié vers une autre structure. Elles acceptent donc la démarche initiée dans le cadre des entretiens professionnels de construire la formation pour réaliser un objectif personnel. Notre réseau permet quelques passerelles et quelques évolutions, comme par exemple ce travailleur social qui à l'issue de sa formation a pu prendre d'autres responsabilités dans une autre association du réseau.

Quelles difficultés rencontrez-vous le plus pour faire fonctionner l’association ?

Elles sont de deux ordres. La gouvernance des associations s’appuie sur des conseils d’administration qui sont constitués souvent par des bénévoles qui aimeraient transposer leurs méthodes de fonctionnement souvent acquises dans le privé au monde associatif. Le temps n’a pas la même valeur, le rapport à l’argent n’est pas le même et le pilotage de bénévoles ne fonctionne pas comme celui de salariés.

Le mode de financement s’appuie beaucoup sur les subventions des pouvoirs publics. Vous n’êtes pas sans savoirs que les restrictions budgétaires nous impactent directement. Plus récemment, la modification des ressources de contrats CAE nous complique sérieusement la tâche.

Quels conseils donnerais-tu à une personne se posant des questions sur une éventuelle reconversion dans le domaine associatif ?

Une très belle antichambre de l’associatif est le bénévolat. Il nous engage dans une mission, nous initie aux modes de fonctionnement de l’associatif et permet donc de mesurer si l’on sera capable de se projeter dans ce secteur. Les associations ont besoin de ressources. La nôtre fonctionne avec 1000 bénévoles qui donnent de 1h à 50 heures par semaine. Une sorte de période d’essai gratuite pour tout le monde.

En fonction du métier souhaité, il faut se renseigner sur les diplômes adéquats et activer son CPF.

Connaître notre réseau c’est aussi participer à la journée de découverte du réseau et de se rendre compte de ce que l’on y fait. C’est une formation d’une journée. Inscrivez-vous via l’UDV au 04.94.24.45.90

Est-ce que votre association recrute ? Si oui, comment postuler ?

Comme toujours, les opportunités sont au fil de l’eau. Avec 300 salariés sur les 28 associations, des opportunités existent. Nous diffusons nos annonces via le site de pôle emploi ou de l’APEC. Les candidatures spontanées arrivent au centre départemental aussi.

Je remercie Pierre d’avoir accepté de partager avec nous son quotidien. Comme suggéré, rien ne vaut l'expérience terrain pour valider ses motivations !

Si vous souhaitez en savoir plus sur l'UDV....http://www.udv-asso.fr

Et si vous pensez à l'associatif pour votre prochain job, je peux vous accompagner afin de vous permettre de vous poser les bonnes questions pour valider si ce projet en est adéquation avec vos aspirations. Nous pouvons échanger par téléphone ou Skype lors d'un premier entretien offert de 30mn afin de confirmer votre intérêt pour une démarche de coaching et faire connaissance.

Isabelle pour Cap Cohérence

Je vous propose de poursuivre la discussion via les commentaires.