La lune de miel...

Isabelle, la quarantaine dynamique, était installée à son compte depuis cinq ans. Son job : la vente de bijoux fantaisie dans les comités d’entreprise de Paris et la Région Parisienne. Après un divorce douloureux, elle avait quitté un poste de vendeuse dans le prêt-à-porter avec l’intention de devenir son propre patron et d’être totalement indépendante. L’idée de vendre aux comités d’entreprise lui était venue d’une amie qui faisait les marchés et qui occasionnellement s’adressait aux CE pour vendre des savons bio...

Isabelle avait choisi les bijoux fantaisie car elle avait toujours été attirée par les belles choses : objets d’art, peintures, bijoux, décoration. L’avantage de la fantaisie : un très grand choix de produits à proposer et des prix abordables.

Isabelle travailla dur pendant cinq ans mais était heureuse de son indépendance. Une fois par mois elle prévoyait une journée pour prendre ses rendez-vous avec les CE. Son agenda était plein d’un mois sur l’autre. De même, une fois par mois elle allait acheter sa marchandise et en profitait pour découvrir un nouveau fabriquant ou dénicher un jeune créateur... Elle gérait ses stocks et son budget comme elle voulait. Elle rencontrait du monde : les fournisseurs lorsqu’elle allait faire ses achats et les clients lorsqu’elle exposait sa marchandises dans les CE. Elle aimait pouvoir travailler à son rythme et n’hésitait pas à s’arrêter lorsque ses garçons âgés de 6 et 8 ans étaient malades ou étaient en vacances scolaires. Tous les jours elle pouvait aller les chercher à l’école et passait du temps avec eux le soir pour leurs devoirs. Sa mère lui donnait un coup de main pour les garder très souvent, ce qui lui facilitait la vie.

Prise de conscience de la réalité...

Au fil des ans, l’enthousiasme du début d’activité s’est peu à peu estompé à cause de plusieurs facteurs qui ont eu raison de sa motivation, en plus de la crise qui est passée par là.

Le premier facteur : l’aspect financier. En effet, la concurrence très développée dans le secteur des bijoux fantaisie, ne lui permis pas de développer son chiffre d’affaires et, la crise aidant, elle eu du mal parfois à «joindre les deux bouts». Il lui arrivait de passer des journées entières à attendre le client et de rentrer bredouille chez elle le soir avec pour toute recette une vingtaine d’euros...

Le second facteur : la fatigue physique. Outre les heures passées au volant de sa voiture à sillonner Paris et sa banlieue, elle devait se dépenser physiquement pour tout transporter et installer : deux grosses valises remplies de marchandise et de matériel de présentation, les tables pliantes, l’éclairage, bref un véritable déménagement deux fois par jour...

Elle commença à réfléchir sérieusement à sa situation professionnelle. Qu'est ce qui avait changé depuis le début ? Qu'avait-elle perdu ? Que lui manquait-il ?

Ce qui avait clairement changé était son regard sur cette autonomie qu'elle avait tant désiré. Elle n'avait pas envisagé la fatigue engendrée par la manipulation et le transport des bijoux qu'elle devait assumer toute seule. Cela ne remettait pas en question son goût pour la vente et le contact avec la clientèle. Elle était faite pour ça mais pas dans ces conditions. Elle avait perdu sa motivation lorsqu'elle s'était rendu compte que l'énergie dépensée à innover, à proposer des nouveautés, ne changeait rien à sa recette de la journée. Il fallait se rendre à l'évidence: le sien était un travail précaire, et elle ne voulait plus de ce travail !

Envisager une reconversion professionnelle...

Isabelle ne se posa qu'une seule question : qu'est-ce qui l'attirait ? La vente et une certaine autonomie de mouvements, le contact avec la clientèle, le fait de les conseiller, de les guider, de leur proposer des choses correspondant à leurs goûts. Une idée s'imposa a elle : l'immobilier. Elle se voyait bien négociatrice au sein d'une agence immobilière. Elle n'avait aucune expérience de ce milieu professionnel, mais cela n'était pas grave. Elle avait une croyance très forte : quand on aime la vente on est capable de tout vendre !

La mise en action...

Elle décida de tout arrêter. Elle honora les derniers rendez-vous déjà pris puis rédigea son cv. Elle l'imprima en trois exemplaires et alla le remettre en mains propres dans les trois agences immobilières près de chez elle. Une semaine plus tard, elle obtint 2 rendez-vous. La semaine suivante elle avait deux propositions d'embauche : elle choisit l'agence la plus proche de chez elle.

Epilogue...

Aujourd'hui cela fait cinq ans qu'Isabelle travaille dans l'immobilier, elle dirige sa propre agence depuis deux ans. Lorsque je la questionne sur sa reconversion professionnelle et sur les difficultés qu'elle a pu rencontrer, elle me répond: "à partir du moment ou j'ai décidé de faire autre chose, je n'ai pas rencontré de difficultés. Les moments difficiles c'était avant... Je n'ai jamais pensé que c'était impossible ou que cela allait être difficile !"

Cela m'a rappelé la phrase de Mark Twain :

«Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait.»

Serait-ce le secret d'une reconversion réussie ? Que pensez vous de cette reconversion ? A votre avis quel était l'atout principal qui a permis à Isabelle de réussir sa reconversion ?

J'attend vos commentaires et si vous vous retrouvez dans cette histoire, n'hésitez pas à partager avec nous.

Véronique MARTIN